Lundi 28 mai 2012
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07:48
Matin d'un jour férié, oui ou non ? Qui le fut, avant
d'être emporté par une canicule dans laquelle il n'avait aucune responsabilité, puis l'est redevenu sans l'être vraiment... Question dont la plupart des Français se moquent, qui ont trouvé
leur stratégie personnelle pour allonger leur week-end. Il semblerait, à ce que nous rabâchent nos penseurs éminemment libéraux et cathodiquement économistes, que l'allongement du temps de
travail aille dans le sens de l'Histoire. Et voilà que j'apprends qu'avant la Révolution la semaine entière d'après Pentecôte était fériée, qu'au Moyen-âge on dénombrait une trentaine
de jours fériés, sans compter les saints locaux ou "patrons" de métiers... Ainsi donc il est bon de revenir aux fondamentaux : "la preuve que l'homme n'est pas fait pour le travail, c'est
que ça le fatigue" ou "si l'homme n'était pas paresseux on en serait toujours au silex taillé". Le soleil, lui, ne chôme pas sur la prairie. Ce serait dommage que le travail empêche d'en
profiter.
Par Claude Burneau
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Dimanche 27 mai 2012
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11:16
Changement de saison. Changement de cadre. Changement de rythme. Si
la photo restera matinale (quand elle sera) le billet et l'heure de la mise en ligne seront plus aléatoires. La faute aux sorties-vélo à la fraîche. Sorties non programmées, qui prennent en
compte divers paramètres : le temps, le vent, l'humeur du matin (entre grosse paresse et envie irrépressible d'avaler des kilomètres). Histoire de baguenauder parmi d'autres prairies, d'autres
haies, de suivre l'avancée des blés, des maïs, ou de ces superbes champs de phacélie qui fleurissent depuis quelques jours. Histoire de saluer faisans et perdrix, de faire courir quelques lapins
ou quelques lièvres. Histoire de profiter de l'été.
Par Claude Burneau
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Samedi 26 mai 2012
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08:43
Ça s'est imposé. Un pas en avant. La végération de la haie s'efface, le
paysage se découvre. Ce sera donc le cadrage d'été. Il faut si peu pour que la vision du monde se modifie. Un pas en avant, un pas en arrière, deux pas de côté, et l'enclos devient ouverture, la
carte postale touristique laisse la place au carton du sdf, le lépreux d'un mur s'efface devant le sourire d'un gamin. Un pas en avant, un pas en arrière, deux pas de côté. C'est la danse du
photographe qui dit à travers son objectif ce qu'il a envie de dire. Et peut-être demain un autre pas en avant s'imposera-t-il ? Qui sait quel sera le projet du photographe, demain ?
Même pas lui.
Par Claude Burneau
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Vendredi 25 mai 2012
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09:26
Ce matin à la radio, François Morel fait le procès du bonheur, ce faux-jeton qui ne prévient jamais de sa présence, qui se dissimule et dont on se rend compte qu'on
l'a manqué une fois qu'il est parti ailleurs. Il termine par la chanson de Berry
N'ayez pas peur du bonheur (...)
Le trésor n'est pas caché
Il est juste là,
à nos pieds, dévoilé
Il nous ferait presque tomber
C'est comme avancer dans l'herbe haute. Et le photographe des prairies revendique l'appartenance à cet artisanat local que serait le
bonheur.
Par Claude Burneau
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Jeudi 24 mai 2012
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08:07
Sur la colline le vert bat en retraite. On l'a tondu, effacé. On a amendé
le sol, on l'a retourné, malaxé, émietté et le voilà maintenant nu, offert au soleil et aux pluies. Prêt à recevoir la semaille des hommes. À stimuler la grande machinerie de la vie. Germination
pousse et récolte. La végétation tirera de sa substance ce qui lui sera nécessaire pour croître, se reproduire et périr. Il donnera ce qu'il pourra. Prêtera plutôt car il sait que tout
lui revient. De terre à vert, de vert à jaune, de jaune à gris.Dans quelques mois il sera terre à nouveau. Prêt. Offert. Pour peu qu'on prenne soin de sa préservation, qu'on veille
à ne pas l'épuiser.
Par Claude Burneau
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