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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 09:15

0722.jpgÇa meugle en la prairie. Pitance réclamée ? Appel des mères séparées de leur progéniture ? Ainsi va la vie des bêtes, comme celle des humains. L'instinct est dans la survie, de la carcasse et de l'espèce. Qu'avons-nous de supérieur, sinon la possibilité d'imaginer des jours meilleurs ? L'utopie d'une vie plus heureuse, plus juste, mieux maîtrisée. Celle qui pousse la connaissance, la science et l'art toujours plus loin. Celle aussi qui crée les totalitarismes. Mais celle qui convainc qu'ils ne sont pas éternels, et que meugler avcec le troupeau n'est pas la seule voie possible.

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:17

0721.jpgRetour en la prairie. Le troupeau, lui aussi, a pris ses quartiers d'été. L'instinct grégaire régit les déplacements des bovins. Ils choisissent l'endroit le plus chaud, le plus ensoleillé pour se rassembler. Il suffit que l'un d'eux s'y arrête, qui ait quelque autorité sur les autres, pour qu'aussitôt on s'y rassemble, qu'il devienne irréfutable que c'est là qu'il faut être, et avoir été. Peu importe qu'un poteau électrique ou quelque autre verrue de béton vienne enlaidir l'environnement : on est bien au centre, bien visible. On sera vu, voilà ce qui importe. D'autres lieux tout aussi chauds et ensoleillés sont désertés, méprisés : ils n'ont pas l'imprimatur du leader. Les bovins sont des êtres étranges.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 08:22

0709.jpgJour de la menthe dans le calendrier républicain.  Jour qui fleure bon la nature. Jour du bien-être. Jour du dialogue, de la concertation aussi. En 1789, début des travaux de l'Assemblée Constituante. Cette année, début de la conférence sociale. Est-ce qu'on remplacera les bouteilles d'eau minérale par des infusions de menthe, histoire de calmer les esprits ? Est-ce que le peuple est la nouvelle menthe de la mythologie, nymphe poursuivie par Hadès, dont l'épouse jalouse veut la peau, et transformée en plante par son amant ? Vivante, mais juste belle plante. Allégorie de la démocratie ?

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 09:14

0708.jpgSombre dimanche.

Ce matin rien n'éclaire ni le gris du ciel ni le vert des feuillages.

Sombre dimanche, incongru en juillet.

Sombre dimanche, temps de blues, de spleen, de saudade.

Vous avez le choix entre le Sombre  dimanche de Damia :

Je mourrai un dimanche où j'aurai trop souffert
Alors tu reviendras, mais je serai parti
Des cierges brûleront comme un ardent espoir
Et pour toi, sans effort, mes yeux seront ouverts
N'aie pas peur, mon amour, s'ils ne peuvent te voir
Ils te diront que je t'aimais plus que ma vie
Sombre dimanche.

http://www.paroles-musique.com/paroles-Damia-Sombre_Dimanche-lyrics,p7994

et celui de Rezsö Seress :

Le monde court à sa perte, l’espoir n’a plus de sens. Les villes disparaissent sous la musique des canons, les prairies sont rouges du sang des hommes, les rues se couvrent de cadavres, c’est l’heure de ma dernière prière. Les hommes, Seigneur, sont des pécheurs et font tant d’erreurs.
Le monde est mort…

http://monsieurkaplan.blogspirit.com/archive/2007/06/18/sombre-dimanche-1-4.html

Je vous souhaite un dimanche lumineux. 

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 08:59

0707.jpgCiel plombé. Couleurs éteintes. Une trouée lumineuse sur la colline, du côté du levant. Elle s'avance, s'intensifie, se développe, saute la haie, envahit la prairie, vient lécher le tronc de l'arbre. Vite, la photo. Déjà l'ombre court sur le lointain, reprend ses droits, mange la lumière, balaie les espoirs de jour ensoleillé.   

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 09:06

0706.jpgOn s'agite dans les gares, les aéroports et les péages. Les grandes migrations estivales se préparent, dit-on.  Migration. Jadis épopée, de Mésopotamie au pays de Canaan, d'Europe vers l'Amérique. Entre arrachement et espoir. Les yeux rivés sur l'avenir, à la proue d'un stamer. Les yeux émerveillés par la luxuriance des nouveaux paysages offerts par une puissance supérieure. Hollywood est passé par là, qui a gravé ses images d'Epinal dans nos souvenirs. Un week-end dans un bungalow à Palavas est aujourd'hui migration. Quelle épopée ! Quel arrachement et quels espoirs ! Les tableaux électroniques des aéroports et des gares sont les nouvelles Tables de la Loi. Les migrations sont même devenues pendulaires pour aller au turbin. Et moi, tous les matins, est-ce que je migre de la prairie à l'écran ?  Au-delà du dérisoire, quel mépris pour ceux qui, tous les jours, au péril de leur vie, essaient de trouver un avenir moins noir quelque part ailleurs dans le monde.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 08:41

0705.jpgPour prendre la photo, il faut traverser le potager. C'est tous les matins une retrouvaille. Pas une inspection, mais comme une conversation interrompue par la nuit et renouée avec la lumière. Ça rivalise de senteurs entre thym, fenouil et verneine  Ça prend des rondeurs du côté des petits pois. Ça fleurit chez les haricots verts. Ça a la convalescence énergique dans les rangs des poireaux après l'attaque insidieuse des vers. Ça prend des couleurs dans le prunier. Et les tomates ? ça se forme, et ça met trop de temps à rougir. Le jardinier a du mal à contenir son impatience. Il se soigne au temps qui passe.  

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 08:51

0704.jpgPas de ballet d'hélicoptère au-dessus de la prairie cette année. On en avait presque pris l'habitude. Ce fut encore le cas l'an dernier. Début juillet, jour de ferveur populaire. On sort les chaises pliantes, les parasols, on remplit les glacières et le pèlerin se met en route vers une destination proche, un rond-point, un sommet de côte, un bas-côté ombragé. Il y a forcément une connaissance à proximité. On lie conversation, on décapsule une bière et on attend. C'est d'abord la chasse aux bonbons, aux casquettes et aux autocollants dans les pétarades et les flonflons. Puis on commence à entendre les hélicoptères, on les voit enfin. Motards. Klaxons. Sifflement des rayons et des pignons. Avec un peu de chance on a vu du jaune. Et en Vendée on cherche le vert prairie. C'est fini. On remballe. Dans les semaines à venir, les casquettes à pois rouges fleuriront dans les jardins. Rien de tout ça cette année. 2012, année sans été.

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 09:16

0703.jpgC'est bien une lumière d'été. Pourtant il manque quelque chose pour que le corps admette que c'est vraiment l'été. Est-ce que ça se joue sur l'épiderme, cette fraîcheur encore humide qui en rétracte les pores dès qu'on franchit le seuil ? Est-ce que c'est le cerveau qui se fait son cinéma, intégrant prévisions mitigées de la météo et impatience à enfiler bermuda et sandales ? L'été a du mal à s'installer, dit-on. Nous avons du mal à nous installer dans l'été, peut-être. Parce qu'il n'est pas celui que nous avons idéalisé. Faire un bout de chemin avec lui, c'est naviguer entre admiration et frustration.

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 14:44

0702.jpgL'euro de foot, c'est terminé. Terminée l'attention quotidienne portée à la qualité de la pelouse des terrains polonais et ukrainiens. Pas une motte qui dépasse. Pas une taupinière. Pas une limace qui pourrait être cause de glissade intempestive. On devrait inventer une variante : le foot sur prairie naturelle. Ça rappellerait à certains "vétérans" les  matches épiques de leur enfance. Ça ajouterait une dose d'imprévu : les rebonds hasardeux du ballon, les flaques gadouilleuses dans les creux et les lucarnes en châtaignier. Irrégularités, encore. De terrain, pas de jeu. Slogan résultant : footez nature. Qui changerait de : footez-vous de nous. Ce billet est à l'image de la société : quand on n'a rien à dire (mais aussi quand on veut enterrer certaines nouvelles) on cause de foot.

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