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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 11:07

1231.jpgCe sera la dernière photo de la prairie. La borne de fin sera celle du calendrier. Restent les jours "sans", qui furent des jours "avec autre paysage". Il est possible que dans le jours à venir, selon l'humeur, ces vides viennent se combler pour compléter l'année 2012 dans le désordre chronologique. Merci aux visiteurs fidèles ou occasionnels, à celles et ceux qui ont laissé des commentaires. Ils m'ont aidé à poursuivre ce projet aussi inutile que plaisant. J'aime que ce dernier ciel s'éclaire vers l'horizon. Il s'ouvre vers d'autres lumières, d'autres écritures, d'autres rencontres. Tant va le temps qu'à la fin... Deux suites possibles : il nous brise / il nous surprenne. J'opte ce matin pour la seconde et formule par ces mots mes voeux de lumière et d'étonnement aux promeneurs de la prairie.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 10:51
1230.jpgAu lointain, le clairon des conscrits. À l'origine, reassemblement des jeunes appelés à "servir la patrie", à servir de chair à canons. Pérégrination par les hameaux et les fermes pour un au revoir aux voisins et aux filles. Auourd'hui filles et garçons perpétuent le périple, quêtant pour le "banquet de classe" et cochant leur bâton de châtaignier à chaque verre ingurgité. Ils portent maintenant les gilets fluos, mais ne chantent plus les couplets traditionnels :
                               
Nous sommes de bons enfants qui frappent à votre porte                   
Nous sommes bien en quoi de vous rendre  parole                              
Nous vous rendrons paroles assurément          
À l’arrivée du joli mois d’janvier            
 
Voici Janvier venu, couvert de voilettes.
Toutes les jeunes filles sont remplies d’amourettes
Et les garçons sont remplis de beauté 
À l’arrivée du joli mois d’janvier.                       
 
C’est dans cette nuit-là qu’les sorciers s’abandonnent
Et jettent leur poison sur beaucoup de personnes
Nous somm’s venus ici pour les chasser
À l’arrivée du joli mois d’janvier 
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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 08:55

1229.jpgDébut de week-end. On se prépare. Bientôt au gui l'an neuf. On se prépare à fêter le temps qui passe, qui s'en va et nous entraîne. Faire la fête pour oublier, le temps du rite. On change le numéro, nouveaux agendas, nouveaux calendriers. On remet les compteurs à zéro. Nouveau départ qui n'est qu'une continuité.

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 09:34

1228.jpgAprès le jour de l'humus, les Républicains ont donné au 28 décembre le nom de jour du fumier. On peut trouver plus poétique. Le 28 décembre, outre les Innocents, est jour de fête pour les Gaspard. Pour honorer l'un des rois mages. Que portait-il, de l'or, de l'encens ou de la myrrhe ? Les hasards des calendriers amènent à poser cette question : de l'or, de l'encens, de la myrrhe ou du fumier, quelle est la matière la plus essentielle ? Pour la prairie, la réponse est évidente. Pour les hommes...

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 09:18

1227.jpgc'est toujours la même pluie,
la longue pluie,
fine et dense comme la suie.

la pluie
la longue pluie avec ses longs fils gris,
avec ses cheveux d'eau, avec ses rides,
la longue pluie,
des vieux pays ...

(E. Verhaeren)

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 09:48

1226.jpgQuelques vers d'Agrippa d'Aubigné qui décrivent bien l'hiver 2012-2013 :

 

Ce doux hiver qui égale ses jours
A un printemps, tant il est aimable,
Bien qu’il soit beau, ne m’est pas agréable,
J’en crains la queue, et le succès toujours.

 

J’ai bien appris que les chaudes amours,
Qui au premier vous servent une table
Pleine de sucre et de mets délectable,
Gardent au fruit leur amer et leurs tours.

 

Et j'entends Ronsard lui répondre, las de ces anticipations moroses :

 

Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

 

Même en poésie, il faut choisir son camp.

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 09:29

1225.jpgPour que l’enfant-dieu naisse au solstice d’hiver il faut qu’il ait été conçu à l’équinoxe de printemps. Qui est aussi la période de sa mort. Et de sa rédemption, une fois sa mission salvatrice exécutée. Si l’on remplace la linéarité de la vie humaine par le cycle de la nature, sa mission est évidente. Sauver le monde, c’est autoriser une nouvelle fois la régénération de la vie. C’est féconder sa mère. De cet inceste primitif renaît la nature. C’était avant que Monsanto ne privatise la semence. Alors l’enfant s’efface, devenu inutile. Jusqu’à renaître à son tour au solstice d’hiver suivant. Il y a entre naissance et inceste-mort trois mois de maturation puérile. Trois mois de forces souterraines et telluriques, enfant nourri par des serpents dans le monde souterrain du mythe minoen. Ainsi s’inscrivent en complémentarité la terre-mère permanente et essentielle, principe féminin fécondé, et l’enfant-roi, principe masculin, indispensable mais éphémère. Cycle initial, fondement d'un équilibre matriarcal. Il a fallu des millénaires aux mâles pour inverser les priorités, pour faire du principe masculin leur dieu, justifiant ainsi l’usage de la force, l’intolérance et le despotisme. S’il y a un salut à attendre d’une affirmation féminine à venir, ce n’est pas dans la féminisation des attributs de l’enfant-dieu, mais bien dans la reconnaissance, par les croyances et l'intelligence collective, de la terre-mère comme pilier du monde, force de vie à la fois permanente, accueillante, solidaire et pacifique.

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 09:22

1224.jpgRésister. Jusqu'au bout. Au vent, à la pluie, à la mort. S'accrocher dans la marge. Utiliser la précarité d'un appui, la complicité d'un nœud pour affirmer sa présence. Être la trace ultime d'une histoire révolue, l'appui d'un renouveau programmé. Assumer sa solitude, avec l'hypothétique espoir que quelque part ailleurs, tout près peut-être, dans d'autres marges, de semblables  repères soient identifiables. Continuer, contre vents et bourrasques, à se revendiquer feuille de route.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:43

1223.jpg- Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

- Je vois le levant qui rougeoie, la nuée qui ondoie, et la chemin qui merdoie...

- Et sur le chemin merdoyant, ne vois-tu rien venir ?

- Je vois un vieillard à la barbe blanchoyante, d'une houppelande sanguinolante vêtu, portant hotte remplie sur le dos.

- Serait-ce notre frère ainsi grimé ?

- Hélas non, ma chère sœur, ce n'est qu'un imposteur. Il ne se déplace qu'après réception du chèque ou du paiement par carte bancaire.

- Hélons-le ma chère sœur. Peut-être lui reste-t-il quelque parcelle d'humanité ?

Elles hèlent.

- Anne, ma sœur Anne, comment devons-nous interpréter ce signe du majeur tendu ?

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 09:00

1222.jpgNivôse est arrivé sur la pointe des jours, et l'hiver aussi. Logique d'un calendrier qui fait concorder mois et saisons, qui privilégie la nature aux croyances. Mais qui ne peut rien contre les caprices du temps. Pas de froid, pas de neige. Après des semaines de pluie on se prend à rêver de diamants de givre et de blancheurs aveuglantes. On rêve et on se cogne contre le gris, contre l'humide. Le pourri l'emporte sur le congelé. Et sous les pieds, le glissant sur le craquant. La nuit prend ses aises, le jour paresse. Ils nous invitent à les imiter.

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