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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 09:26

0713.jpgLe temps humide y est redoutable. Ça bruine sur la côte, ça mare sur la capote et ça goutte dans le cou. Mais la pluie du matin... On guette le sens du vent, le noroît va-t-il s'éclaircir ? On a un œil sur l'horaire des marées. Ça peut se couper avec le reflux. On surveille le fil à linge de la voisine, femme de marin. S'il est vide au matin, c'est mauvais signe, signe qu'il ne fera pas un temps à sécher une petite culotte. On scrute la plage : si la barque du maître des lieux n'est plus sur le sable, mais amarrée à la bouée du corps mort, c'est que le patron est en mer, et tous les espoirs sont permis. Sur l'île, on se crée de nouveaux repères.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 18:15

0712.jpgUne caisse en plastique, un moteur, quatre roues, un volant, des freins, et deux sièges métal et sky. La voiture a minima. Un nom qui fleure davantage le sable du désert que celui de la plage. Avec la deux-chevaux, l'une des voitures fétiches de l'île. Comme les protections latérales ont disparu, le temps humide y est redoutable. Mais tout est prévu : sacs poublelle dans le vide-poche. Démarrage sans clé. À qui viendrait-il l'idée de l'empunter ? L'île est petite, l'auteur du larcin serait vite identifié. Un jour un ami taquin la déplaca le temps d'une visite. On en rit encore. Alors en avant pour une virée aux courses. Pour le loisir, on préférera le vélo ou la marche.

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 07:25

0711.jpgCe ne sont que des cabanes de plage, et pourtant cette photo suggère la confidence, la solidarité, la convivialité. Vue de dos, elles dégagent de l'humain. Elles contemplent le paysage, commentent la lumière du matin, s'inquiètent de la montée des nuées, attendent le retour du pêcheur, invitent ces nouveaux étrangers aux formes si étranges qui n'osent pas s'approcher, ou leur reprochent déjà leurs pétarades intempestives. Elles en ont vu passer, des vieux remontant de leurs casiers des tourteaux, des araignées de mer, ou des homards, des touristes pressés, rougis par le soleil ou empêtrés dans leurs cirés. Elles sont affables, et avenantes. Elles ne seront jamais plus nombreuses, car elles savent bien que quand on est plus de quatre...

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:30

0710.jpgQu'est-ce qui permet de deviner la région ? La vigueur des tamaris, le blanc des murs. On a quitté la Méditerranée. Une barque retournée laisse imaginer la mer toute proche. Ou pour le moins une rivière. Si le beau temps consent à s'imposer, on la retournera, la déplacera, et elle sera promesse de pêches récréatives à défaut d'être miraculeuses. Pour l'instant on est dans le gris d'un matin frisquet. On espère cette lumière à la fois dense et douce qui caractérise la côte atlantique.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 07:43

0514.jpgFermer la parenthèse. On a décidé de partir tôt. On avait envisagé ce moment précis où on peut à nouveau distinguer le cul des chats, au sortir de la nuit. Raté. Repérer dans l'urgence les éléments du cadrage quotidien : l'arbre, le sol, le ciel. Peu importe le paysage. Pour le poétique, on aurait pu faire mieux. Prendre la route. Plutôt l'emprunter. Ou la louer, s'il s'agit d'autoroute. Tout au long du voyage on aura le temps de jouer avec le langage. La prairie attend le rendez-vous de demain.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 08:33

0513.jpgDéjà quant tu t'es réveillé tu as su que tu étais ailleurs. Ça tient sans doute à la qualité de l'air, à un degré d'humidité inférieur à celui qui t'est habituel. C'est dans la gorge, dans le nez et les sinus que ça se tient. Et puis tu as ouvert les volets sur un ciel bleu, intensément bleu. Tu as vainement cherché le moutonnement des nuages qui chez toi annoncent une belle journée. Juste cette rayure aéronautique que tu as rêvée trait d'union avec ton territoire. Tu as savouré longuement la lumière, en  prenant le temps de la poursuivre sur les tuiles, les haies et les arbustes. La lumière puissante et impudique du sud. Là où le temps dure longtemps / et la vie sûrement / plus d'un million d'années / et toujours en été

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 11:44

0512.jpgOn ne sait plus. L'olivier, le symbole de la Méditerranée, le don d'Athéna à la cité d'Attique. L'olivier qui a maintenant essaimé sur la côte Atlantique et sans doute ailleurs. L'olivier qui permet de rêver de soleil sous la bruine et les bourrasques. Mais là, sur la photo, l'olivier est bien indigène. On est tout près de Montpellier, entre barres d'immeubles et garrigue. La raison de sa plantation là, sur cette pelouse, est sans doute déconnectée du fruit et de l'huile. Le maître des lieux a bien essayé quelques bocaux pour agrémenter l'apéro, mais ça aussi "c'est un  métier". Alors juste profiter de l'élégance et de la force de ses ramures, avant de regagner le pays des châtaigniers et des frênes.

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 08:58

0511.jpgJuste témoigner. En photographiant le sommet de la colline, dans le lointain. Témoigner d'une occupation pacifique. En se disant que loin d'ici (encore que... pas si loin), un autre pohotographe pourrait témoigner d'une autre occupation, moins pacifique, des terres palestiniennes. En se disant que la lumière ne serait peut-être pas si différente, la terre, excepté l'aménagement du premier plan,  tout aussi rocailleuse. Mais que la photo serait plus difficile à saisir, avec peut-être un mur pour barrer le paysage. Un mur dont on ne peut pas s'empêcher de penser qu'un jour il pourrait bien, même ici, enclore les ghettos de pauvres (ou de riches), tant les idées d'intolérance trouvent écho sous ce soleil méridional.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 11:39

0510.jpgUne ombre sur la pelouse.

Une ombre dans le paysage.

Une ombre dans la riance provençale. À quelques centaines de mètres, dans le dos du photographe. Les bâtiments d'une briquetterie, en rénovation en mai 2012, ouverts au public à l'automne suivant. Entre 1939 et 1942, le camp des Milles a connu l'internement d’étrangers et d’antifascistes de 38 nationalités pour devenir finalement une antichambre d'Auschwitz avec la déportation de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants juifs en août et septembre 1942 (source : Wikipedia).

Il fait bon vivre sous le ciel provençal, entre lavandes et garrigue. Aujourd'hui les coquelicots ont pris possession des talus qui longent la voie ferrée fatale. La barbarie n'a que faire de l'environnement.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 08:18

0509.jpgIls sont là depuis des décennies, depuis un siècle peut-être. Alignés. Utilité bien affichée : couper le mistral et protéger les cultures, oliviers, vigne ou maraîchage. Lui, il est là depuis quelques mois, un an peut-être. Après arrachage des oliviers, des ceps, des asperges ou des salades. Grignotage des terres nourricières, dans cette banlieue d'Aix-en-Provence. Le gazon a gagner la bataille. La haie, elle, a survécu : les humains savent que le vent est le plus fort. Quant à l'arbre d'ornement, il vivra le temps qu'auront décidé les maîtres du lieu. Alors qu'il croisse, mais pas trop. Qu'il fleurisse, on l'a planté pour ses promesses de couleurs. Qu'il porte des fruits, mais sans trop salir le gazon. Qu'il tienne la place qu'on lui a assignée, mais pas davantage.

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